Architecture et développement durable : matériaux lourds !
En collaboration avec la Maison de l'architecture Occitanie-Pyrénées nous accueillons cette conférence de l'architecte Carles Oliver qui travaille à l'Institut des Baléares du Logement (IBAVI). Au cours du
siècle dernier, les émissions mondiales de CO₂ sont passées de 5 à 37
gigatonnes par an, dont environ 37 % sont imputables au secteur de la
construction. Or, la Terre et les océans ne peuvent absorber qu’environ 19
gigatonnes de CO₂ par an, soit l’équivalent du budget carbone mondial
disponible. Nous en consommons aujourd’hui près du double. Aujourd’hui, nous
dépensons près du double de ce que la planète peut absorber. L’engagement de
l’Union européenne en faveur de la neutralité climatique à l’horizon 2050
implique une réduction des émissions de 55 % d’ici 2030 et de 92 % d’ici 2050.
Si le budget carbone devait, à l’avenir, limiter le nombre de logements que
nous pouvons construire - comme le budget financier l’a fait jusqu’à présent -,
que faut-il transformer dans la conception architecturale pour atteindre ces
objectifs ? Dans les îles
Baléares, un exemple a été développé collectivement autour de la configuration
de l’habitabilité à partir d’une « carte des ressources locales ». Celle-ci
intègre de multiples dimensions : sociales (savoirs et traditions
constructives, typologies, compétences, main d’œuvre disponible, etc.),
atmosphériques (soleil, pluie, vent, etc.), ainsi que les matériaux locaux bas
carbone qui constituent l’architecture vernaculaire, le patrimoine culturel et
le paysage de chaque territoire.À ces ressources s’ajoutent des matériaux issus
de l’optimisation des processus industriels, notamment par le recours à l’«
exploitation minière urbaine ».
