Une philanthropie bâtarde : le financement culturel au service de la justice sociale
Dans le cadre de la récente publication de Philanthropie bâtarde. Pour un mécénat engagé en faveur de la justice sociale, du gestionnaire culturel Carlos Almela, la présentation de cet ouvrage se conçoit comme un forum pour repenser ensemble le modèle de financement que nous souhaitons pour une culture orientée vers la transformation sociale. Là où le débat semblait polarisé entre une vision progressiste, centrée sur l’État, et une vision libérale, axée sur le mécénat, le financement est devenu un terrain bien plus complexe. D’une part, en raison de l’irruption d’innovations sociales et civiques, qui nous ont amenés à envisager des changements juridiques et sociaux afin de soutenir ce que le contrat social libéral appelait l’intérêt général, et que nous avons appris à nommer aujourd’hui le bien commun. D’autre part, parce que la volatilité politique à l’échelle mondiale (comme l’irruption du trumpisme) engendre des situations paradoxales où l’action publique démantèle l’intérêt général, tandis que le privé se met à faire de la politique publique. Dans une perspective d’approfondissement démocratique, comment penser aujourd’hui le rôle de la philanthropie ? Comment reconnaître et accompagner le financement privé du bien commun, sans tomber dans des élitismes qui empêchent de valoriser d’autres forces sociales ? Quel rôle attribuer à chacun dans le dialogue entre le public, le privé et le communautaire ? Comment générer des coalitions de changement social, en tenant compte des différences qui nous structurent ?
